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Comparatif

Liassia ou l’assemblage PDF au cabinet, que choisir

Le cabinet équipé d’une visionneuse PDF complète assemble déjà ses liasses : fusion des fichiers, numérotation continue, tampon, extraction de pages. C’est la méthode intermédiaire, plus propre que le tampon encreur, et beaucoup de secrétariats l’ont poussée très loin. Elle bute sur un point de doctrine : ces outils numérotent des pages dans un document, pas des pièces dans une procédure. Voici ce que cette différence change en pratique.

Le comparatif poste par poste

CritèreLiassial’assemblage PDF fait à la main dans une visionneuse de bureau
Unité numérotéeLa pièce, avec ses cotes bis et terLa page, dans un document assemblé
Insertion d’une pièce après communicationUne minute, le reste de la liasse ne bouge pasRenumérotation de tout le bloc concerné
BordereauGénéré au modèle de la juridiction saisieÀ rédiger à part, dans un traitement de texte
Contrôle des renvois des conclusionsRapport des pièces visées, non visées, cotes disparuesHors périmètre de l’outil
Scans penchés et photographies de chantierRedressés, recadrés au format A4, orientés, paginésRotation et recadrage page par page
Découpage RPVAJeu découpé sous quatre mégaoctets, table de correspondanceExtraction manuelle puis compression au jugé
Jeu de plaidoirie et jeu clientProduits dans la même opération que le jeu RPVATrois assemblages successifs à refaire
Installation sur les postesAucune, un navigateur récent suffitLicence par poste et droits d’administrateur
Historique de communication datéRegistre exportable avec empreinte du jeu transmisHors périmètre de l’outil
Occultation, signature, retouche fine du PDFHors périmètre, Liassia ne fait que la liassePrévues et souvent excellentes

Numéroter des pages n’est pas coter des pièces

Une numérotation continue de visionneuse compte les pages du document assemblé. Elle est parfaite pour la pagination du dossier de plaidoirie, et Liassia produit la même chose. Elle ne dit rien de la frontière entre la pièce 12 et la pièce 13, ni de l’intitulé, ni de la date, ni de la nature. Or ce sont ces quatre informations qui remplissent le bordereau, et le bordereau est ce que la juridiction lit.

La conséquence se voit au premier ajout. Insérer une pièce dans le document assemblé décale toutes les pages suivantes, donc il faut refaire la numérotation, réexporter, puis reprendre à la main la liste des pièces dans le traitement de texte. Avec une cote attachée à la pièce, l’ajout modifie une ligne du bordereau et rien d’autre, parce que la pagination continue se recalcule sans toucher aux cotes.

Le découpage RPVA fait à la main

Extraire des pages, les compresser jusqu’à passer sous quatre mégaoctets, puis recommencer parce que le fichier est encore trop lourd, occupe une soirée entière sur un dossier d’assurance construction. Le réglage de compression se fait au jugé, et c’est là que le risque apparaît : trop compressé, le texte scanné devient illisible à l’impression du magistrat, ce qui n’est découvert qu’en salle d’audience.

Un découpage calculé part du poids réel des pages et de la limite du réseau, produit les envois dans l’ordre des pièces et joint la table de correspondance qui dit quel message contient quelles cotes. Le seuil de compression est calibré pour rester au-dessus du point où un scan devient illisible. Ce n’est pas une question de confort mais de recevabilité pratique du jeu.

Ce que la visionneuse fait mieux

Il faut le dire clairement : une visionneuse PDF complète fait des choses que Liassia ne fait pas et ne prétend pas faire. L’occultation de données personnelles page par page, la signature électronique, la retouche fine d’un document, la comparaison de deux versions d’un contrat, la manipulation de formulaires : tout cela reste dans l’outil de bureau, et un cabinet qui en a l’usage quotidien le gardera de toute façon.

Les deux outils cohabitent sans se gêner, parce qu’ils n’ont pas le même objet. La visionneuse travaille sur un document. Liassia travaille sur une procédure, avec ses cotes, son bordereau, ses conclusions et ses jeux à diffuser. Le partage se fait naturellement : préparation et occultation d’un côté, cotation et communication de l’autre.

Quand l’alternative reste le bon choix

Si votre cabinet possède déjà les licences, si le volume reste modeste et si les insertions en cours de mise en état sont rares, l’assemblage manuel suffit largement : vous avez l’outil, vous avez la méthode, et une chaîne de plus n’apporterait rien. C’est aussi le bon choix quand le travail principal porte sur le document lui-même plutôt que sur la liasse, par exemple en droit des affaires transactionnel, où l’occultation et la signature électronique pèsent plus que le bordereau.

Le verdict

L’assemblage PDF est une bonne méthode qui atteint sa limite au moment précis où la procédure bouge. Tant que la liasse est figée, il produit un jeu propre. Dès qu’une pièce s’intercale, il fait recommencer un travail entier alors qu’une cote stable n’en demande aucun. Gardez la visionneuse pour ce qu’elle fait le mieux, sortez-en la cotation, le bordereau, les renvois et les jeux à diffuser.

Questions frequentes

Faut-il installer quelque chose sur les postes du cabinet ?
Non, et c’est volontaire. Liassia fonctionne dans un navigateur récent, sans installation, sans droits d’administrateur et sans intervention de votre prestataire informatique. La mise en service tient dans un mardi matin entre deux rendez-vous. Une fois la page ouverte, le service continue de fonctionner hors connexion, ce qui permet de travailler depuis une salle des pas perdus.
Les fichiers passent-ils par un serveur pour être traités ?
Non. Le découpage, la compression, le tamponnage, la reconnaissance de texte et la lecture du fichier Word des conclusions s’exécutent dans le navigateur de votre poste. Aucune pièce n’est déposée sur un serveur, ni le nôtre ni celui d’un tiers. Seules les informations de compte sont conservées, sur une infrastructure hébergée en France.
Peut-on récupérer une liasse déjà assemblée en un seul PDF ?
Oui. Le fichier assemblé se verse comme n’importe quelle autre source, puis se découpe en pièces distinctes que vous délimitez et intitulez. À partir de là, chaque pièce porte sa cote, et le bordereau se génère. C’est le cas de reprise le plus fréquent quand un cabinet arrive avec des dossiers en cours.

Liassia ou l’assemblage PDF au cabinet, que choisir

L’assemblage PDF est une bonne méthode qui atteint sa limite au moment précis où la procédure bouge. Tant que la liasse est figée, il produit un jeu propre. Dès qu’une pièce s’intercale, il fait recommencer un travail entier alors qu’une cote stable n’en demande aucun. Gardez la visionneuse pour ce qu’elle fait le mieux, sortez-en la cotation, le bordereau, les renvois et les jeux à diffuser.