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Comparatif

Liassia ou le bordereau sous tableur, que choisir

Presque tous les cabinets commencent ainsi : une feuille de calcul pour le bordereau, un tampon encreur pour les cotes, un traitement de texte pour les conclusions. Cette chaîne tient parfaitement tant que rien ne bouge. Elle se fissure au premier ajout de pièce en cours de mise en état, parce que la numérotation y dépend de la position dans la liasse et non de la pièce elle-même. Voici où passe la ligne.

Le comparatif poste par poste

CritèreLiassiale bordereau tenu sous tableur avec tampon manuel
Insertion d’une pièce en cours de mise en étatCote bis, aucune cote déjà citée ne bougeDécalage manuel de toutes les lignes suivantes
Tampon du numéro et pagination continuePosés sur chaque page, scans redressés avant tamponnageTampon encreur page à page, pagination à la main
Bordereau au format de la juridictionModèles tribunal judiciaire, prud’hommes, commerce, cour d’appelUn tableau retapé et remis en forme à chaque version
Renvois du jeu de conclusionsRelevés, confrontés au bordereau, mis à jour dans le fichier WordRelecture à l’œil, ligne à ligne, la veille du dépôt
Pièce visée mais jamais communiquéeSignalée avant le dépôt, avec la liste des écartsDécouverte à l’audience, au mieux par le confrère
Découpage sous la limite de quatre mégaoctetsAutomatique, avec table de correspondance des envoisDécoupage manuel qui casse la pagination continue
Preuve de ce qui est sorti du cabinetHistorique daté, liste des pièces, empreinte du jeuBoîte de messagerie à fouiller six mois après
Dossier de 120 pièces avec deux insertionsUne trentaine de minutesTrois heures quarante en moyenne
Coût direct29, 79 ou 149 euros HT par mois selon la formuleAucune licence supplémentaire à payer
Où sont traités les fichiersDans le navigateur du poste, aucune pièce envoyéeSur le poste et le serveur du cabinet

Le tableur n’a pas de notion de pièce

Une feuille de calcul manipule des lignes, pas des pièces. Quand vous insérez une ligne au milieu du bordereau, les numéros de la colonne de gauche se recalculent ou se retapent, mais rien ne relie ce nouveau numéro au fichier PDF tamponné qui dort dans un dossier du serveur, ni au jeu que le confrère détient déjà. Le lien entre la cote et l’objet est dans la tête de la personne qui tient la liasse, et nulle part ailleurs.

C’est pour cette raison qu’une insertion coûte trois heures quarante et pas dix minutes : il faut reconstituer à la main un lien que l’outil n’a jamais mémorisé. Une cote stable inverse la charge. La pièce porte son numéro, le bordereau n’est plus qu’une vue de la liasse, et l’insertion devient une opération sans effet de bord sur les pièces déjà communiquées.

Le tampon encreur et la photocopie

Le tampon manuel a une qualité que personne ne conteste : il est immédiat, il ne demande aucun outil, et il produit une trace physique sur le jeu papier. Il a deux défauts. Il se pose de travers sur un scan penché, et il oblige à repasser sur toutes les pages dès que la numérotation change, ce qui veut dire réimprimer, retamponner, rescanner. Sur une liasse de deux cents pages, cette boucle occupe une demi-journée de secrétariat.

Le tampon posé numériquement se refait autant de fois que nécessaire, à l’emplacement choisi, avec la police et l’encadrement du cabinet. Il permet aussi la pagination continue, que le tampon encreur ne sait pas produire seul, et qui reste la seule manière pour le magistrat de retrouver une page dans un dossier de plaidoirie relié.

Ce que le tableur ne verra jamais

Un tableur peut, avec des formules, signaler qu’une ligne manque dans une liste. Il ne peut pas ouvrir votre jeu de conclusions, y repérer les mentions pièce n° 12, nos pièces 12 et 14, pièces 12 à 18, et les confronter au bordereau réellement notifié. C’est précisément là que se produit l’erreur qui coûte le plus cher, celle qui fait écarter une pièce des débats et tomber un moyen entier.

Le contrôle de cohérence n’est pas un gain de confort, c’est une assurance. Il se lance avant chaque dépôt et rend un rapport d’une page : pièces visées mais non communiquées, pièces communiquées jamais visées, renvois vers une cote disparue. Une seule ligne dans la première colonne suffit à justifier l’abonnement d’une année, et souvent de plusieurs.

Quand l’alternative reste le bon choix

Si vous exercez seul, avec des dossiers de quinze à vingt pièces, sans insertion en cours de mise en état et sans envoi qui approche la limite du RPVA, le tableur reste imbattable : il ne coûte rien, il est déjà installé, et vous le maîtrisez. C’est aussi le bon choix pour un cabinet dont le contentieux est occasionnel et dont les pièces se comptent sur une main. La bascule se joue au volume et à la fréquence des insertions, pas au principe.

Le verdict

La ligne de partage est simple : dès qu’un dossier dépasse la cinquantaine de pièces ou qu’une pièce s’ajoute après une communication, le tableur fait payer chaque changement au prix fort, en heures de secrétariat et en risque de renvoi orphelin. En dessous, il fait très bien le travail. Un cabinet de contentieux qui traite soixante dossiers volumineux par an a déjà franchi cette ligne sans s’en apercevoir.

Questions frequentes

Peut-on garder son tableur pour le suivi et n’utiliser Liassia que pour la liasse ?
Oui, et beaucoup de cabinets font exactement cela au début. Le tableur reste le tableau de bord du dossier, avec les dates et les échéances, pendant que la cotation, le tamponnage, le bordereau et les jeux sortent de Liassia. Le bordereau produit s’exporte et se colle dans vos documents habituels si votre organisation le demande.
Le bordereau produit ressemble-t-il à celui que nous utilisons déjà ?
Les modèles reprennent les colonnes usuelles, numéro, intitulé, date et nature, pour le tribunal judiciaire, le conseil de prud’hommes, le tribunal de commerce et la cour d’appel. Vous dupliquez un modèle, vous l’ajustez aux habitudes locales de votre juridiction, puis vous l’enregistrez pour tout le cabinet. La formule Plaidoirie autorise un modèle par juridiction où vous postulez.
Que deviennent les dossiers déjà montés sous tableur ?
Ils continuent de vivre tels quels, rien ne vous oblige à les reprendre. Pour les dossiers en cours qui vont subir des insertions, la formule Plaidoirie comprend la reprise des liasses existantes et le paramétrage des modèles à la mise en service. Les autres se laissent finir dans l’outil qui les a vus naître.

Liassia ou le bordereau sous tableur, que choisir

La ligne de partage est simple : dès qu’un dossier dépasse la cinquantaine de pièces ou qu’une pièce s’ajoute après une communication, le tableur fait payer chaque changement au prix fort, en heures de secrétariat et en risque de renvoi orphelin. En dessous, il fait très bien le travail. Un cabinet de contentieux qui traite soixante dossiers volumineux par an a déjà franchi cette ligne sans s’en apercevoir.